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Comme vous, je pleure, j'aime et je ris — Anne-Marie Peysson

Comme vous, je pleure, j'aime et je ris

Anne-Marie Peysson
Autobiographie — préface de Pierre Laforêt

Anne-Marie Peysson est considérée comme la grande dame de la radio française. Chaque matin, quatre millions d'auditeurs l'écoutent sur RTL, lui téléphonent, demandent conseil à ses invités ou font partager une de leurs expériences vécues. Dans ce livre, où Anne-Marie donne son cœur, dévoile son âme et nous fait entrer dans son existence quotidienne, résonne une douce musique. Une musique qui nous parle de son enfance de petite sauvageonne, de la guerre à Marseille, de l'adolescence turbulente, de ses peines et de ses joies, des débuts de la mignonne speakerine brune qui enchanta de son naturel tous les Français ; et puis aussi de l'amour, de la mort, de l'éducation de son fils, de tout ce que peut ressentir une mère, de tout ce que peut savoir une femme, une vraie femme… Une musique faite des mille et un événements qui tissent une vie et qui éveille en nous un écho doux et profond : voici un très beau livre d'amour.

169 pages Robert Laffont 1er janvier 1978
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Patronyme & héritage culturel

Peysson : un patronyme occitan né au bord de l'eau

Le nom Peysson est de ces patronymes qui portent en eux toute la géographie d'un terroir et toute la couleur d'une langue. Selon le Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France d'Albert Dauzat (1951), Peysson est la forme occitane de Poisson, dérivée du mot occitan peis (« poisson »).

Comme beaucoup de noms de métier transformés en patronymes au Moyen Âge, Peysson désignait à l'origine un poissonnier, un pêcheur ou un habitant d'un lieu réputé pour ses viviers. Le nom a essaimé dans tout le sud-est de la France — particulièrement dans la Drôme, l'Ardèche, le Rhône, les Hautes-Alpes et le Bouches-du-Rhône — et a donné naissance à toute une famille de dérivés : Peyssonnier, Peyssonnel, Peyssonneau, Peyssonnerie… Le patronyme apparaît sous plusieurs orthographes voisines au fil des siècles — Peysson, Peyson, Peyssonnel — toutes issues de la même racine méridionale.

Anne-Marie Peysson, la grande dame de RTL

C'est sans doute Anne-Marie Peysson (1935-2015) qui aura donné au nom Peysson son rayonnement le plus populaire au XXᵉ siècle. Née à Saint-Disdier dans les Hautes-Alpes et élevée à Marseille, elle se présente à 19 ans, en 1954, à un concours de speakerines de la RTF — deux jours avant un baccalauréat qu'elle ne passera jamais — et séduit immédiatement le jury présidé par Marcel Pagnol par sa vivacité et son naturel.

Speakerine puis animatrice à l'ORTF (où elle coanime Le Palmarès des chansons avec Guy Lux entre 1965 et 1968), elle rejoint RTL en 1968 et y devient l'une des voix les plus aimées de la radio française. Son émission Parlez-moi d'amour, suivie chaque matin par quatre millions d'auditeurs, et Les auditeurs ont la parole — décrite par RTL comme la « première émission de libre antenne à la radio » — ont marqué une génération entière. Auteure du best-seller 1001 trucs et astuces de nos grands-mères, elle fut aussi la première animatrice de radio et de télévision à faire la une de Télé Star, en octobre 1976. Le livre que nous mettons en avant ici, Comme vous, je pleure, j'aime et je ris (1978), est son émouvante autobiographie.

Frédéric Peyson, le peintre montpelliérain élève d'Ingres

Au XIXᵉ siècle, c'est sous la variante Peyson qu'un autre porteur du nom marqua durablement le patrimoine artistique français. Frédéric Peyson (1807-1877), né à Montpellier, perdit l'audition à l'âge de deux ans à la suite d'une grave maladie. Envoyé à l'âge de dix ans à l'Institution Abbé de l'Épée à Paris, la première école de France pour enfants sourds, il y découvre le dessin comme moyen privilégié de communication.

Son talent est tel qu'il entre à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1826, où il devient l'élève des plus grands maîtres de son temps : Antoine-Jean Gros, Léon Cogniet, Louis Hersent et surtout Jean-Auguste-Dominique Ingres. Trois fois finaliste du Prix de Rome (1834, 1835, 1836), il signe ses toiles « Peyson sourd-muet » et expose au Salon des sujets religieux, des scènes troubadour et des portraits d'une rare finesse. Plusieurs de ses œuvres — notamment Famille de bohémiens (1844), Marguerite de Bourgogne et son Autoportrait de 1849 — sont aujourd'hui conservées au Musée Fabre de Montpellier. Une rue de Montpellier porte encore son nom.

Jean-André Peyssonnel, le médecin qui découvrit la nature du corail

Plus ancienne encore, la branche marseillaise du nom — orthographiée Peyssonnel — donna à la science l'une de ses figures les plus marquantes du siècle des Lumières. Jean-André Peyssonnel (1694-1759), né à Marseille, médecin et naturaliste, se distingua une première fois lors de la grande peste de 1720 où, comme son père Charles, il se dévoua sans compter auprès des malades de l'Hôtel-Dieu — ce qui lui valut une rente annuelle du roi Louis XV.

Mais c'est par ses recherches sur le corail qu'il entra dans l'histoire des sciences. Au cours de voyages d'études sur les côtes méditerranéennes et antillaises, il démontra en 1750 — contre l'opinion unanime des botanistes de son temps qui le tenaient pour une plante — que le corail appartenait en réalité au règne animal. Sa découverte, présentée à la Royal Society de Londres en 1752 par William Watson, fut reconnue tardivement en France ; Buffon finit par lui rendre hommage dans son Histoire naturelle en écrivant : « Peyssonnel avait observé et reconnu le premier que les coraux devaient leur origine à des animaux ». Une algue rouge, Peyssonnelia, porte aujourd'hui son nom, ainsi qu'une rue à Marseille et une autre à Aix-en-Provence.

Un patronyme, un terroir, une mémoire

Porter le nom Peysson aujourd'hui, c'est hériter d'une lignée enracinée dans le Midi de la France, où la langue d'oc, les métiers de l'eau et la générosité des hommes ont façonné un patronyme à la fois rare et lumineux. De l'animatrice qui faisait pleurer et rire la France au peintre sourd-muet ami de Victor Hugo, du médecin qui sauva Marseille de la peste au naturaliste qui révéla les secrets du corail, les Peysson ont marqué chacun à leur manière l'histoire culturelle, artistique et scientifique de la France.

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